Lors d’une séparation ou d’un divorce, il peut être tentant de parler avec son enfant afin d’évacuer ses frustrations. Or, il s’agit de la mauvaise chose à faire. Cet article vous offre des conseils quant à la façon d’aborder la rupture avec votre enfant.

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Vivre un divorce est l’une des expériences les plus stressantes dans la vie. La garde partagée peut par ailleurs rendre cette transition encore plus difficile. En effet, votre enfant pourrait vous questionner par rapport à la séparation et à l’incidence qu’elle aura sur lui. Il est tout à fait normal pour les enfants de ressentir de la confusion et de la détresse en cette période de changement. Après tout, c’est leur sécurité qui est ébranlée. Vous trouverez dans les lignes qui suivent des conseils qui permettront de vous aider à avoir des conversations fructueuses avec vos enfants.

PROJETEZ UNE IMAGE POSITIVE DE VOTRE EX-CONJOINT

Aussi difficile que cela puisse paraître, tâchez de ne pas dénigrer votre ex-conjoint. En effet, les jeunes enfants sont plus perspicaces que le pense la majorité des gens. Ils sont capables de détecter l’animosité entre leurs parents, ce qui peut déclencher chez eux un conflit de loyauté. Par conséquent, ils peuvent devenir anxieux et leur comportement peut changer. Si votre enfant est perturbé par un conflit de loyauté, vous pourriez remarquer qu’il tente de défier l’autorité, qu’il s’isole, qu’il est déprimé ou qu’il vous cache des choses. Pour éviter que la situation ne s’aggrave, essayez toujours de parler en bien de votre ex-conjoint en présence de votre enfant.

Dénigrer votre ex-conjoint lorsque vos enfants sont présents n’apportera rien de positif. Le lien qui vous lie à votre enfant ne sera pas renforcé par ce type de comportement. Au contraire, parler en mal de votre ex-conjoint pourrait nuire à votre relation avec votre enfant. Par exemple, ce dernier pourrait se sentir coupable d’aimer l’autre parent ou, pire encore, il pourrait penser qu’il est la cause du conflit entre ses parents.

Dépeindre négativement votre ex-conjoint pourrait également rendre les prises de décisions conjointes difficiles. En effet, l’enfant au cœur des querelles pourrait avoir tendance à adapter ses propos au parent auquel il s’adresse dans le but de lui plaire ou de lui témoigner sa loyauté, réprimant ainsi ses propres désirs. Des disputes entre les parents quant aux réels désirs de l’enfant pourraient alors éclater, ce qui aurait pour effet d’envenimer le conflit.

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QUAND LA GARDE DES ENFANTS POSE PROBLÈME

Les juges, les psychologues et les professionnels dont le mandat est d’évaluer les parents afin de définir les conditions de garde des enfants tenteront de déterminer s’ils font face au syndrome d’aliénation parentale. L’évaluation des parents qui disent du mal de leur ex-conjoint en présence de leurs enfants risque d’être moins favorable que l’évaluation des parents qui dépeignent leur ex-conjoint de façon positive ou neutre. Par conséquent, le juge chargé de prendre une décision quant à la garde des enfants pourrait favoriser le parent dénigré afin de renforcer le lien parent-enfant. Nul ne devrait sous-estimer la capacité des juges, des psychologues ou des travailleurs sociaux de reconnaître l’aliénation parentale. Ces professionnels ont été formés pour déceler ce phénomène.

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À FAIRE ET À ÉVITER

  • Évitez d’encourager votre enfant à se créer des attentes quant aux décisions qui requièrent l’accord de l’autre parent. Par exemple, ne lui dites pas que vous voyagerez pendant les vacances sans avoir préalablement obtenu le consentement écrit de votre ex-conjoint. Susciter l’enthousiasme chez votre enfant en prenant ces décisions unilatéralement peut avoir des effets négatifs sur son bien-être, sur vos chances d’obtenir plus de temps de garde et sur le conflit en tant que tel.
  • Abstenez-vous de discuter du litige avec votre enfant. Ce dernier ne devrait même pas être au courant de l’aspect juridique du conflit. Si votre enfant vous questionne, formulez plutôt une réponse qui ressemble à celle-ci : « Maman et Papa essayent de s’entendre et de passer à autre chose, mais nous t’aimons tous les deux très fort, et ça, ça ne changera jamais ».
  • Évitez à tout prix de parler des aspects financiers de la rupture avec votre enfant. Ainsi, le sujet de la pension alimentaire et celui du partage des dépenses ne devraient être abordés qu’avec votre ex-conjoint, votre avocat et votre comptable. Votre enfant pourrait avoir tendance à percevoir le parent le mieux nanti comme le dominant et l’autre parent comme la victime. Ces impressions pourraient par ailleurs compromettre le bien-être de votre enfant et la relation qu’il entretient avec vous.
  • Bien que cela puisse sembler difficile, tentez de ne pas vous fier à tous les commentaires négatifs que votre enfant formule à l’égard de votre ex-conjoint. Gardez toujours en tête que votre enfant est jeune, confus et vulnérable, et ce, particulièrement pendant cette période difficile. Efforcez-vous d’accorder le bénéfice du doute à votre ex-conjoint. Transmettez directement à ce dernier toute information qui concerne votre vie familiale.
  • Communiquez également à votre ex-conjoint tout ce que votre enfant vous rapporte. Vous éviterez ainsi que votre enfant agisse comme l’entremetteur. L’enfant qui se sent forcé d’agir ainsi pourrait croire que le lien qui l’unit à vous dépend de l’opinion qu’il a de l’autre parent. Qui plus est, le besoin de sécurité de votre enfant et le respect qu’il voue à l’autorité pourraient être ébranlés s’il a l’impression de pouvoir dresser ses parents l’un contre l’autre.
  • Rappelez souvent à votre enfant que vous et votre ex-conjoint êtes et serez toujours ses parents, et que votre amour pour lui est inconditionnel. Rassurez-le en lui disant que toutes les décisions qui le concernent sont prises conjointement. D’ailleurs, si cette solution est envisageable, optez pour la coparentalité, un choix qui a des effets bénéfiques sur les enfants. Une tierce partie, tel un conseiller ou un psychothérapeute peut vous aider à y voir plus clair.
  • Offrez à votre enfant du soutien émotif et psychologique. Bien sûr, la rupture vous affecte, mais elle affecte aussi votre enfant et il est de votre devoir de vous assurer que ce dernier obtienne le plus de soutien possible. N’hésitez pas à lui tendre la main avant qu’il ne vous le demande.
  • Trouvez un confident, c’est-à-dire quelqu’un d’impartial sur qui vous pouvez compter, qui est à l’écoute et qui n’est pas impliqué dans le litige. Pour assumer ce rôle, choisissez un psychologue ou un ami (que vous n’avez pas en commun avec votre ex-conjoint) qui sera présent lorsque vous aurez envie de vous confier.

Goldwater, Dubé est un cabinet spécialisé en droit de la famille situé à Montréal, au Québec. Notre cabinet aide les familles qui sont confrontées aux défis liés au divorce, à la garde d’enfants et à la protection des biens. Nos avocats défendent chaque cause avec compassion en mettant leur expertise à profit. Notre mission est de vous protéger ainsi que toute chose qui vous est cher : vous êtes notre priorité.

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